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Photographie de la troisième semaine de février 2013

On n'y voit rien, la neige tombe, le soir arrive,
le randonneur à ski s'éloigne


Randonneur à ski s'éloignant vers les sommets - © Norbert Pousseur

... plein de neige et de brouillard, le télé-objectif est à la peine ...       Photographie Norbert Pousseur


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Les Contamines-Montjoie - 2012 - Num 21 Mpx - 5d2b_6070


 

Cinq heures du soir, il y a un an, à peu près à la même époque, un randonneur à ski montant vers les chalets du Truc, lieu-dit à 1800 mètres d'altitude, au-dessus des Contamines-Montjoie.

Le randonneur me dépasse et s'éloigne sur le chemin. La neige tombe, et le temps passant, tombe plus drue.

Arrivé au chalets du Truc, but de ma petite ballade à pied, alors que le soir vient et qu'un dense brouillard mêlé à de la neige descend des hauteurs, j'aperçois au loin mon randonneur continuant imperturbablement à monter dans les pentes neigeuses, vierges de toute trace, disparaissant finalement au lointain.

Avec l'impression que le soir, la neige, et les sommets allait l'absorber, l'effacer.

 

Je suppose qu'il a du redescendre aux petit hameau des Chalets de Miage à 1600 m, 300 m plus bas que le col du Truc.
Il a donc du arriver à destination vers 7 heures du soir, dans la nuit, la neige, la brume.

 

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Peu d'article, ou alors très succinct, sur le terme Ski dans les dictionnaires avant 1900,
sous les anciennes dénominations, SKIE ou patin des neiges

 

Quelques textes des années 1800

LE SKIE, OU PATIN DE NEIGE.
Le skie ou patin de neige des Norvégiens et des Lapons est une légère planche qui atteint quelquefois plus de deux mètres de long, mais dont la largeur ne dépasse pas celle du pied; elle est relevée à ses extrémités, qui se terminent en pointe; au milieu, la planche a une épaisseur double; c’est en cet endroit, formant une espèce d'exhaussement, que se pose le pied, qui, enveloppé de son épaisse chaussure, est maintenu par une bride en cuir. On voit que ce patin ne diffère point de celui qu’emploie le corps des chasseurs (skielœbere ) décrit dans l'article de 1835, ci-dessous; mais il ne ressemble pas à celui qu’ont imaginé les indigènes des régions boréales de l’Amérique du Nord, lequel n’a guère que 12 à 13 décimètres de longueur sur 60 centimètres de largeur dans sa partie moyenne, et se compose de deux légères tringles de bois, réunies par un réseau de courroies de cuir.
Le skie est plus en usage dans le Finmark que dans toute autre partie du Nord, à cause de la nature montueuse de ce pays, et dans les temps reculés c’était un signe tellement caractéristique de ses habitants, qu’on les appelait Skidfinny ou Skridfinny (Finnois aux Skies); le pays lui-même prit, selon quelques écrivains, les noms de Skidfinnia, Scrisfinnia ou Skridfinniat que l’on peut encore lire sur quelques cartes d’une date peu ancienne. Rien n’arrête le Lapon qui a chaussé le skie: il glisse avec autant de facilité sur la terre couverte de neige, que sur les nappes solides des lacs et des rivières. Cette longue planche, que l’on pourrait croire incommode, l’embarrasse si peu qu’il touche à peine le sol. Il emploie le skie pour la chasse du renne et des autres animaux à l’état sauvage. Lorsqu’il est lancé à la poursuite de sa proie, et qu’il arrive au pied d’une montagne qui arrête sa course, il couvre quelquefois le dessus de ses patins d’un morceau de peau de renne ou de veau marin, dont le poil, tourné vers l’arrière, s’oppose à toute marche rétrograde, et il se fraie ainsi un chemin vers le sommet en adoucissant la pente par des zigzags adroitement ménagés.
Lorsque le patineur descend, il change ses allures. Souvent le flanc escarpé des montagnes en Laponie et dans le Finmark a plusieurs milliers de mètres d’étendue, et sur ces longues déclivités sont des masses énormes de rochers détachés ou des rampes tortueuses et glissantes presque à pic. Quand donc le Lapon a au-dessous de lui une côte, il se ramasse sur lui-même, les genoux pliés, le corps un peu penché en arrière, et tenant à la main un bâton qu’il appuie sur la neige et qui lui sert à modérer sa marche quand elle devient trop rapide. Rencontre-t-il un quartier de roche ou tout autre obstacle imprévu, son adresse est telle qu’il le franchit en un bond de plusieurs mètres, et sa vitesse est si grande qu'il descend à la lettre avec la rapidité de la flèche au milieu d’un tourbillon de neige.
Des voyageurs prétendent qu’un Lapon peut parcourir avec le skie jusqu’à 50 myriamètres ou 100 lieues en un jour.

Skieurs lapons en 1842 - reproduction par  © Norbert Pousseur
Jeux du Nord
Le Magasin pittoresque de 1842, illustration du texte ci-dessus

 

Explorateur Nansen à ski - reproduction par  © Norbert Pousseur
L'explorateur norvégien Nansen - Le Petit Journal du 11 avril 1897
Remarquez ses skis juste sanglés et son bâton - piolet

Plus qu’aucun autre humain le Norvégien Nansen s’est approché du pôle Nord, objectif de tant de scientifiques curiosités.
L’énergie qu’il a dépensée est extraordinaire.
Son plan primitif est aussi hardi que simple.
Il sait que l’on a retrouvé des débris de navires qui ont contourné le pôle, donc il y a un passage libre; il ne s’inquiète pas si le trajet possible pour une planche ou une poutre le sera pour un navire; il va chercher le courant et s’y abandonne.
Au prix d'efforts inouïs, il conduit son bateau le Fram jusqu’à des hauteurs inconnues, puis estimant que ce n’est point encore assez il part sur la glace avec Johansen, son intrépide ami, et arrive avec lui jusqu'au 86° 15’.
Arrivés là, il fallut redescendre, impossible de monter plus haut.
Lorsque le 18 juin 1896 au cap Flora ils sont enfin recueillis par l’expédition Jackson, il y a trois ans qu'ils sont partis.
Pendant ce temps la jeune Mme Nansen est restée seule avec une petite fille née quelque temps après le départ de son père, qui ne la connaît pas et toujours pense à elle au milieu de ses plus cruelles épreuves.
Nansen a été reçu par ses compatriotes avec un enthousiasme, dépassé peut-être par celui des Français.
Paris lui a donné fête sur fête, honneur sur honneur; le président de la République l’a reçu et l’a nommé commandeur de la Légion d'honneur; la Société de Géographie a organisé pour lui une séance solennelle et lui a remis sa grande médaille d’or; dans des réceptions particulières, on a témoigné enfin au héros de la science toute l’admiration que mérite son indomptable énergie
C’est justice, car s’il est permis de prétendre que l’art n’a point de frontière, il est encore plus juste de considérer le résultat des travaux d’un savant tel que Nansen comme appartenant à l'univers tout entier.
Le Petit Journal du 11 avril 1897


En fin de page, le ski dans la guerre

 

Photo de la semaine 08 de l'année 2013

 
Le même en espagnol : No vemos allí nada, la nieve cae, llega la tarde, el caminante a esquí se aleja Le même en anglais : We can't see anything, the snow falls, the evening comes, the walker with ski goes away
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Cette vue, transformée, du randonneur s'éloignant vers la nuit,
peut être agrandie dans ce cadre jusqu'à 70% de sa taille réelle de prise de vue,
en utilisant la fonction zoom

 

 

 


 

Randonneur à ski- © Norbert Pousseur

... le randonneur à ski me dépasse, sous la neige tombante ...      Photographie Norbert Pousseur
Les Contamines-Montjoie - 2012 - Num 21 Mpx - 5d2b_6060


 

Randonneur à ski, s'éloignant - © Norbert Pousseur

... il prend de l'avance ...      Photographie Norbert Pousseur
Les Contamines-Montjoie - 2012 - Num 21 Mpx - 5d2b_6065


 

Randonneur à ski, au lointain, sur le chemin - © Norbert Pousseur

... et je le perd de vue, sur le chemin montant au Truc ...      Photographie Norbert Pousseur
Les Contamines-Montjoie - 2012 - Num 21 Mpx - 5d2b_6064


 

Randonneur dans le grand espace montagneux blanc - © Norbert Pousseur

... en n&b, le randonneur disparaissant vers les sommets ...      Photographie Norbert Pousseur
Les Contamines-Montjoie - 2012 - Num 21 Mpx - 5d2b_6070-n


 


LE RÉGIMENT DES PATINEURS EN NORVEGE - Le Magasin pittoresque - 1835
En Norvège, pendant les trois quarts de l'année, le sol est rouvert d'une couche de neige, souvent épaisse de plus de dix pieds. Alors toutes les voies de communication, excepté les chemins battus, seraient fermées, si les habitants de ces contrées ne se servaient de patins. Aussi l’art de patiner, qui chez nous n’est qu'un amusement ou tout au plus un exercice gymnastique, est-il d’une nécessité impérieuse dans la vie de tout Norvégien. Ordinairement c’est aux jours de dégel que la neige tombe et s’entasse sur la terre, et le premier froid qui survient en tapisse toute la surface d’une écorce de glace trop faible pour soutenir un cheval, mais qu’un homme armé de patins peut sillonner sans crainte dans tous les sens avec une rapidité étonnante. C’est de celte manière que le Norvégien fait la chasse, qu’il va dans la forêt pour ramasser du bois, et qu’il se rend aux villes éloignées pour y chercher les provisions qui lui manquent dans son hameau Isolé.
Le gouvernement a jugé nécessaire de faire adopter l’usage du patin à un régiment particulier de son armée, qui pour ce motif porte le nom de régiment des patineurs. Le croquis que nous donnons a été pris par un voyageur, qui a vu ce régiment faisant les exercices sur la neige aux environs de la ville de Drontheim (Trondhiem).
Les soldats, pourvus de patins extrêmement longs, gravissent les montagnes les plus élevées, en descendent avec facilité; traversent les lacs et les rivières; s'arrêtent en un clin d’œil au milieu de la course la plus rapide; font l’exercice avec l’arme blanche et avec l’arme à feu, soit en courant, soit en restant en place, et exécutent mille évolutions difficiles avec une agilité qui étonne l’œil du spectateur.
Ce régiment est composé de quatre compagnies; son uniforme est d’un vert foncé comme celui des chasseurs, mais le soldat, en petite tenue, est vêtu d’une redingote courte en drap ordinaire et de couleur grisâtre. Les patins sont armés de deux morceaux minces et effilés de bois de sapin; les bouts du devant sont un peu courbés et retroussés en l’air. Le patin du pied gauche est insensiblement plus court que celui du pied droit, et tous les deux sont assujettis aux pieds avec des cordons de cuir. Un fusil léger suspendu à l’épaule par une courroie et une épée-poignard sont les seules armes de ce régiment; mais chaque soldat est en outre muni d’un bâton ferré long de sept pieds, ressemblant parfaitement an bâton dont on se sert en Suisse pour visiter les glaciers. C’est à l’aide de ce bâton qu’ils se mettent en mouvement, accélèrent ou ralentissent leur course, et se tiennent en équilibre; lorsqu’ils veulent s’arrêter ils l’enfoncent profondément dans la neige, et en faisant feu ils s’en servent comme d’un point d’appui.

Soldats norvégiens à ski en 1835 - reproduction par  © Norbert Pousseur
Soldats des patineurs du régiments de Norvège
Le Magasin pittoresque - 1835 - Illustration du texte ci-dessus

 

 

Soldats alpins en 1914 - reproduction par  © Norbert Pousseur
LA GUERRE EN MONTAGNE Une Rencontre entre Skieurs
Gravure de Benito

La guerre offre par moments des aspects pittoresques et inattendus. Un de ces aspects curieux fut certainement la rencontre, en Haute-Alsace, entre patrouilles de skieurs, que nous signale le Communiqué du 4 Février.

Dans les Vosges, sur les belles pentes couvertes de neige, le spectacle était grandiose de ces soldats chaussés de leurs longs patins, évoluant rapidement et luttant avec acharnement les uns contre les autres. Nos skieurs ont montré leur supériorité sur les skieurs ennemis.

Voici prouvé que le sport, qui rend aussi les hommes beaux et forts, n’est plus un luxe, mais une nécessité quand il est mis au service de la Patrie.

Affichette et texte de la série La Grande guerre (1914)


 
Le même en espagnol : No vemos allí nada, la nieve cae, llega la tarde, el caminante a esquí se aleja Le même en anglais : We can't see anything, the snow falls, the evening comes, the walker with ski goes away

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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