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Photographie de la dernière semaine de 2012

Les cadeaux de Noël sous le sapin

 


Sapin de Noël - © Norbert Pousseur

... modeste sapin de Noël ...       Photographie Norbert Pousseur


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L'Art est indispensable

Provence - 1977 - dia 6x6 - d120a77p0001v01


 

Le jour de Noël, son sapin, ses cadeaux.

Dans la plupart de nos pays industrialisés, la fête de Noël est celle des cadeaux, sous un sapin.

A l'origine, cette période du soltice d'hiver (autour du 21 décembre) était au début de notre êre un jour de célébration de la maternité et de la procréation. C'est au 6ème siècle que l'Eglise décida de placer arbitrairement la naisance du Christ le 25 décembre, et d'en faire une fête de substitution.
De nos jours, c'est devenu d'abord une fête des enfants avec leur jouets, ce qui ressemble tout à fait à un retour de façon inconsciente, vers ces fêtes d'un nouveau soltice.

Dans les photos suivantes, 2 Noëls, sous le sapin décoré, sans crèche et sans sentiment religieux.

 

Un article sur Noël du ' Magasin pittoresque' de 1850

LA CHRISTMASS - Fête de Noël. (la première partie en grisé, correspond à un préambule qui est sans doute un peu fictionnel.)

Les rues, par une matinée brumeuse de décembre, ont un triste aspect : le pavé boueux glisse sous vos pieds engourdis ; les noires murailles se resserrent comme une prison devant vos yeux offusqués ; l’air inhospitalier dépose sur vos vêtements roides et lourds de petites particules de givre, et semble se refuser à recevoir votre haleine épaissie et visible. Il est doux, à celte heure, d’être assis dans un bon fauteuil, près d’un feu brillant ; cependant j’errais à travers le brouillard glacial. La locomotive du chemin de fer de l’Ouest entraînait rapidement mes amis, et je m’en revenais avec lenteur, resserrant autour de moi les plis de mon manteau, et songeant à ce mot qui recèle tant de douleurs : « Adieu! »
L’église de Saint-Louis d’Antin se trouvait sur ma route, et, comme j’en gravissais lentement les degrés, j’aperçus une femme assise ou plutôt pelotonnée sur les marches humides. Elle ne mendiait pas, elle ne bougeait point. Un instinct de pitié m’arrêta ; mais, l’esprit aussi enroidi que les membres, je demeurais immobile à la regarder ; mon activité était engourdie, et je ne me rendais un compte exact ni de ce que je voyais, ni de mes sensations. Ce fut l’affaire d’une seconde. J’entendis abattre un marchepied : deux dames, enveloppées de fourrures et de velours, descendaient de voiture, se rendant à l’église (c’était le jour de Noël). En un clin d’œil, elles furent auprès du paquet de haillons que je contemplais, et doucement elles le soulevèrent entre leurs bras.
Je distinguai alors la pauvre créature, qui entourait de tout son corps et réchauffait sur son cœur un enfant au maillot. Le petit visage hâve, maintenant visible, portait l’empreinte de la mort.
— Du secours ! dit une des charitables dames en l’enlevant entre ses bras ; vite, un cordial ! quelques gouttes de lait !...
— Il refuse le sein depuis hier, balbutia la mère.
L’une des dames parla de porter l’enfant à une sage-femme voisine, fort habile, qui le sauverait, dit-elle, s’il y avait moyen de le sauver.
Je m’étais enfin avancé pour offrir mes services ; mais déjà les marches étaient obstruées de gens empressés qui apportaient, les uns de l’argent, d’autres des sels ; les potions arrivaient de chez l’apothicaire ; c’était à qui prêterait secours à la femme et à ce pauvre petit être chancelant au seuil de la vie. Celui-ci, je m’en croyais sûr, n’aurait pas longtemps à souffrir.
Ma bonne volonté n’avait pas été assez prompte. Que signifiait la pièce d’argent que je glissai entre les doigts de la mère sans qu’ils se resserrassent pour retenir mon aumône ? De fines mains gantées portaient avec tendresse son pauvre petit moribond ; on l’entourait, on la soutenait ; l’ardente compassion des dames qui l’entraînaient ne me laissait rien à faire : tout ce que pouvaient donner la charité et l’opulence allait être prodigué ; je n’avais pas besoin, pour en avoir la certitude, des visages baignés de larmes que je vis en me retirant.
Recueilli, assis dans l’église le moment d’après, je songeai (tandis que les sonores accords de l’orgue résonnaient le long des voûtes et me rassérénaient l’Âme), je songeai que les cœurs ne sont point durs comme on le dit. Les femmes surtout compatissent toujours à l’appel du malheur. Les larmes que je venais de voir répandre sur le malheur de cette pauvre mère, sans savoir d’où elle venait, qui elle était, sans rien connaître d’elle que sa misère et son angoisse, n’étaient- ce pas des larmes de sœurs ?

Cependant l'église entière retentissait de chants joyeux, du premier noël, le Gloria in excelsis ! « Gloire à Dieu dans le ciel, et paix aux hommes de bonne volonté sur la terre ! » Je pensai à l’étoile qui conduisit les rois, les puissants et les sages vers l’humble toit où un petit enfant était né. C’était la fête de la naissance qui rassemblait autour d’un môme berceau sages et ignorants, bergers, mages et rois. Pourquoi n’y a-t-il plus de fêtes, de chants, de rires, de festins, qui réunissent ceux qui possèdent et ceux qui désirent ? Pourquoi est-ce seulement le cercueil, et jamais le berceau, qui rapproche les cœurs? Les pleurs du pauvre, son chevet d’agonie, attirent la compassion ; mais la sympathie est absente lorsque l’indigent rit, chante et s’amuse ; nul souvenir de joie goûtée en commun n’est là pour resserrer les rangs, pour épanouir les âmes !

Il en fut autrement jadis. Les fêtes religieuses rassemblaient toutes les classes. La gaieté expansive rayonnait des visages du manœuvre, de l’apprenti, de l’employé, du commis, à ceux des patrons, des supérieurs ; un même rire éclatait à la fois dans l’œil du serviteur et dans celui du maître. Sur le même sol où le sabot bruyant battait de rustiques entrechats, l’hermine et le satin traçaient les gracieux dédales de la danse ; de toutes parts s’échangeaient les souhaits de joyeuse Noël ; le banquet hospitalier réservait les parts du pauvre ; la place autour de la bûche de Noël flamboyante (la yule de la Christmass, comme on la nomme en Angleterre) était offerte à l’étranger ! Épandre son bonheur, c’est l’accroître ; pourquoi donc tant fermer et sa main et son cœur ?

L’Angleterre garde encore quelques faibles souvenirs de ces jours où un abbé de la Déraison, un roi de la Bombance, conduisaient une joyeuse troupe de masques mêlés, chantant et célébrant Noël ; où, sous de joyeux déguisements, serviteurs, enfants, ouvriers, venaient sans honte tendre la tirelire de Noël à la reine de la fête, et demander largesse de joie, de gaieté, de rire, aumône de plaisirs; ces jours où Henri II (1170) servait à table son fils, roi du festin, et lui apportait, au bruit des trompettes, le plat d’honneur, une tête de sanglier qui, couronnée de laurier et de romarin, enterrait ses formidables défenses dans la pomme fleurie ou l’orange dorée ; ces jours où cent trente des citoyens les plus puissants de Londres, revêtus de costumes et de titres fantastiques, roi, reine, ministres, choisis par la Folie, cavaliers galopant des coursiers de carton, sonnant les fanfares, secouant les torches, couraient à Kennington, à la rencontre du petit- fils d’Edward Ier, tous réunis dans une même joie, tous chantant Noël !

Un carol du treizième siècle nous reste, souvenir de ces joies où tout se mêlait, les langues comme les rangs. Les pèlerinages, les conquêtes et les guerres amenaient ces rapprochements de peuples, la Providence ayant arrangé toutes choses de telle sorte que souvent d’un mal même résulte un bien.

 

Carol anglo-normand.


Seignors, ore entendez à nus,
De loinz somes venus à vus,
Pur quére Noël.
Car l'em nus dit que en cest hostel Soleit tenir su feste anuel.
Ahi ! cest jur.
Peu doint a tuz icels joie d’amurs Qui a danz Noël ferunt honors!
Seignors, je vus dis por veir Ke danz Noël ne velt aveir Si joie non ;
E repleni sa maison De payn, de char e de peison,
Por faire honor.
Deu doint a tuz icels joie d’amurs Qui a danz Noël feront honors !
Seignors, il est crié en l’ost Que cil qui despent bien, e tost,
E largement,
E fet les granz honors sovent,
Deu li duble quanque il despent Por faire honor.
Den doint à tuz icels joie d’amurs Qui a danz Noël ferunt honors !
Noël beyt bien li vin engleis,
E li gascoin, e li franceys,
E l’angevin ;
Noël fait beivre son veisin,
Si qu’il se dort, le chief enclin, Sovent le jor.
Don doint a tuz icels joie d’amurs Qui a danz Noël ferunt honors !
Seignors, je vus dis par Noël,
E par li sires de cest hostel,
Car bevez ben ;
E jo primes beverai le men,
E pois après chescon le sœn,
Par mon conseil.
Si jo vus di trestoz wesseyl !
Dehaiz est qui ne derra drincheyl !

Traduction.

Seigneurs, à présent écoutez-nous :
De loin nous sommes venus à vous
Pour demander Noël ;
Car l’on nous dit qu’en cet hôtel De coutume on célèbre sa fête annuelle.
Ah ! ah ! c’est le jour.
Dieu donne ici joie d’amour A tous ceux qui feront honneur au jour de Noël !
Seigneurs, je vous dis pour vrai Que le jour de Noël ne veut avoir Bien que joie,
Et qu’il remplit sa maison De pain, de chair et de poisson,
Pour faire honneur.
Dieu donne ici joie d’amour À tous ceux qui feront honneur au jour de Noël !
Seigneurs, il est crié en la foule Que celui qui dépense bien, et vite,
Et largement,
Et qui fait les grands honneurs souvent,
Dieu lui double ce qu’il dépense Pour faire honneur.
Dieu donne ici joie d’amour A tous ceux qui feront honneur au jour de Noël !
Noël boit bien le vin anglais,
Et le gascon, et le français,
Et l’angevin ;
Noël fait boire son voisin,
Si bien qu’il s’endort la tête penchée Souvent le jour.
Dieu donne ici joie d’amour A tous ceux qui feront honneur au jour de Noël.
Seigneurs, je vous dis de par Noël,
Et de par les maîtres de cet hôtel,
Que buviez bien ;
Et moi, primo, je boirai le mien,
Et puis après chacun le sien,
Par mon conseil.
Je vous dis donc à tous, vassaux,
Au diable qui ne dira : Trinquons !


Maintenant encore, en Angleterre, Noël est une époque de rapprochement. Les cadeaux qui chez nous se donnent au premier jour de l’an, s'échangent, chez nos voisins, le jour de la naissance du Sauveur. C’est le temps des banquets et d'une hospitalité large et joyeuse par toute l’île. De tous côtés les cheminées fument ; les fours des boulangers regorgent de viandes apportées par de modestes ménages ; les moins riches y font cuire leur régal de Noël : les broches tournent ; les réverbères, les torches, les lampions, les bougies, éclatent dans la nuit brumeuse ; dès minuit, les serviteurs, les fournisseurs des grandes maisons vont, en chantant, présenter la boîte de Christmass où tomberont les étrennes.

la Reine de la Christmass - reproduction © Norbert Pousseur
Usages anciens - la Reine de la Christmass (fête de Noël en Angleterre)

Enfants, apportez la tire-lire ;
Qu’avec les angelots y descende le rire.
Vive Noël !
Vin, pain et sel !
Vive Noël !


La joyeuse Christmass ouvre les bourses, rapproche les cœurs.
Ah ! que tous les hommes arrivent à comprendre que celui dont on soulage la misère peut voir en vous un bienfaiteur, mais qu’on ne devient le frère que de ceux dont on partage les joies !

 

 

Ce qu'on en disait en 1689 dans le dictionnaire de Furetière :

NOËL, subst. masc. Fête de la Nativité de Notre Seigneur.
L’Avent de Noël est le temps d’un mois, pendant lequel on attend la Fête de Noël, & on le prépare à la célébrer.
Noël, le dit aussi d'une chanson faite à l’honneur de Noël, ou de quelque chose qui en dépend.
Noël nouveau. La grande bible des Noëls.
Noël, est aussi un cri de joie par lequel on témoigne souhaiter l’avènement du Messie. On criait autrefois Noël en toutes sortes de fêtes & de réjouissances publiques. Ainsi le peuple chanta Noël au Baptême de Charles VI. & quand Charles VII. fit son entrée dans Paris en 1437 & en autres occasions rapportées par Monstrelet, Alain Chartier, & dans la Chronique de Louis XI. remarquées par André du Chêne.
On dit proverbialement, On chante tant Noël , qu'il vient pour dire qu'une chose est arrivée après l'avoir bien attendue.
On dit aussi, Quand Noël a son pignon, Pâques a son tison, pour dire , que l'hiver est reculé & qu'on se chauffera à Pâques, si on se promène à Noël.
Ce mot, Noël, vient, selon Nicod, de Emanuel, qui signifie nobiscum Deus.
Borel le dérive de noüel, par contraction de nouvel signifiant nouveau.
Menage dit avec plus d'apparence, qu'il vient de natale, qui signifie jour natal.

 

 

Voir aussi, sur le thème de Noël et dans cette même série :
- Saint Nicolas et les marchés de Noël (2012)
- Des Noëls en lumières (2013)

Photo de la semaine 52 de l'année 2012

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Lumière de Noël - © Norbert Pousseur

... lumières de Noël, bougies dedans, neige dehors...      Photographie Norbert Pousseur
Riga - 2011 - Num 21 Mpx - 5d2b_4723


 

Cadeaux de Noël - © Norbert Pousseur

... matin de Noël et ses cadeaux du Père Noël ...      Photographie Norbert Pousseur
Riga - 2011 - Num 21 Mpx - 5d2b_4743


 

 

 

 

 

 

 

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