>
|
|
Dans les années 1990 j'ai visité le moulin Russon, à Bussy St Georges, en tant que membre d'une association (PAGE) ayant œuvré pour sa ré-habilitation. Il était en effet depuis les années 1950 utilisé comme maison particulière, jusqu'à ce qu'il fut racheté par la Communauté d'Agglomération de Marne et Gondoire
Le sauvage broie grossièrement le grain entre deux pierres. L’invention du moulin à bras, qui substitua un mouvement de rotation régulier et continu à L’action incertaine et inégale d’un écrasement à la main, fut un progrès considérable. L’usage de ce moulin remonte à une haute antiquité. Depuis le premier né de Pharaon qui est assis sur son trône, jusqu’au premier né de la servante qui tourne la meule du moulin, dit l’Exode.
Moulin à bras : On lit encore dans la loi de Moïse ce précepte d’une profonde sagesse : « Vous ne recevrez point pour gages la meule de dessus ou celle de dessous du moulin » parce que celui qui vous l’offre vous engage sa vie. II est aussi question de moulins à bras dans l’Odyssée. On a attribué l’invention de la meule à Myletas, fils de Mélégès, premier roi des Lacédémoniens ; on a même prétendu que le nom de cet Instrument essentiel (mylé en grec, d’où le latin mole) rappelait celui de l’inventeur. Quoi qu’il en soit, les Romains pilaient encore leur blé lorsque, depuis longtemps les moulins à bras étaient connus en Grèce et en Asie, Ce ne fut qu’après avoir étendu leur empire sur ces régions qu’ils en empruntèrent l’usage aux peuples vaincus. On n’employa d’abord à mouvoir ces moulins que les esclaves et les condamnés ; puis on en vint peu à peu, en agrandissant les meules, à employer les animaux comme moteurs. On ne sait ni le pays ni l’époque précise où la force de l’eau fut, pour la première fois, substituée à celle de l’homme et des animaux. On voit bien par la courte description qu’en donne Vitruve dans son dixième livre, que les moulins à eau étaient connus du temps d’Auguste ; mais Pline, qui écrivait plus de soixante après Vitruve, en parle comme de machines curieuses encore peu usitées, et qui n’avaient nullement supplanté le moulin à bras. Ce fut seulement au quatrième siècle de notre ère que ces moulina passèrent dans la pratique usuelle aux environs de Rome.
Moulins à vent : Quant aux moulins à vent, leur origine n’est pas moins incertaine ; ils n’étaient pas connus des Latins du temps de Vitruve, qui, sans cela, n'aurait pas manqué d'en parler. On conjecture qu’ils ont pris naissance en Orient, et qu’ils furent introduits en France et en Angleterre vers le milieu du onzième siècle. L’acte le plus ancien dans lequel il soit fait mention du moulin à vent, dit le Dictionnaire des origines, auquel nous empruntons ces détails, est un diplôme qui date de 1105, dans lequel on permet à une communauté religieuse, en France, d’établir un moulin à vent (molendinam ad ventum). Il est sans doute moins difficile de suivre le progrès dans la construction des moulins que de découvrir leur origine précise. Mais ces recherches nous entraîneraient bien loin, et nous devons nous borner à quelques indications.
La figure ci-dessus représente l’aspect qu’offrait un moulin à vent il y a trois siècles. Cette figure est extraite de la Géométrie pratique, composée par le noble philosophe, M. Charles de Boüelles, jadis chanoine de Noyon, le plus ancien traité de géométrie qui ait été imprimé en français (1511, 1542, 1547, etc.). On voit qu’à l’extérieur, du moins, beaucoup de moulins encore employés aujourd’hui diffèrent assez peu de ce moulin du temps de la renaissance. Il paraît que les moulins à vent, quoique employés dans plusieurs contrées de l’Italie, n’étaient encore qu’épars sur le sol de la France, vers le milieu du seizième siècle : c’est du moins ce qui résulte clairement d’un passage de l’ouvrage de J. Cardan, intitulé : De la variété des choses passage où, après avoir expliqué la théorie de l’appareil, il renvoie à un auteur espagnol, Jérôme Girava, qui, dit-il, a écrit un livre très complet sur la matière.
C’est à cette même époque, c’est-à-dire au milieu du seizième siècle, que remonte l’indication du blutoir mécanique, considéré à juste titre, par les auteurs contemporains, comme un progrès d’une haute importance. L’auteur de cet article possède un exemplaire du Théâtre des instruments mathématiques et méchaniques de Jaques Besson, Dauphinois (Lyon, 1579), sur lequel un ingénieur de l’époque a inscrit de nombreuses notes accompagnées de croquis. Parmi ces annotations, il s’en trouve une relative à la nouvelle façon de crible. Faust Veranzio a pareillement consigné dans son beau recueil en cinq langues, intitulé : Machines nouvelles, publié à Venise en I614, ce moyen de bluter la farine.
Cependant un passage de Cardan nous apprend que la machine avait été imaginée vers 1552, et qu’elle était d’un grand profit pour son auteur qu’il ne nomme pas. Grâce au privilège de l’empereur, l’inventeur était en droit de vendre à beaux deniers comptants l’usage dé son appareil aux boulangers, aux communautés religieuses, aux seigneurs qui avaient un grand état de maison, et même à ceux qui était attirés par l'attrait de la nouveauté ; si bien que, plus heureux que ne le sont ordinairement les inventeurs, loin de mourir à la peine, il vivait largement de son industrie, et il en avait tiré, en peu de temps, de quoi bâtir une maison. Cardan s’étend fort au long sur la propriété du nouveau blutoir et sur les avantages que l’on trouve à ce triage mécanique qui aurait exigé autant d’ouvriers que l’on obtient de sortes différentes de farine (De la subtilité., traduction de Richard Leblanc, Paris 1556, folio 50 ).
Moulins à vapeur : La vapeur, cette force motrice trouvée d’hier, devait naturellement jouer un rôle dans la mouture. Il existe aujourd’hui en divers pays, et même en France, de nombreux moulins à vapeur. Mais il est fort important de remarquer que l’application des forces naturelles n’a pas complètement supplanté pour la mouture les moteurs animés ; que, non loin des instruments les plus parfaits de minoterie, et presque dans les mêmes pays, ou au moins dans des contrées voisines, on retrouve encore les outils les plus grossiers pour le broyage des grains. Les habitants de notre Algérie ne possèdent pas tous des ustensiles aussi parfaits en ce genre que le singulier moulin à bras égyptien. Il est bien certain que cela tient à la nature même des choses ; que la perfection d’un moteur n’a rien d’absolu, et que le choix à faire dépend du lieu, des circonstances et de l’échelle sur laquelle on opère.
Moulins tractés : Dans le courant de l’été 1833, la sécheresse, en France, fût si grande que beaucoup de cours d’eau, qui faisaient tourner des roues de moulin, furent réduits à de minces filets sans force, et que, dans certains départements de l’Ouest, On put craindre sérieusement une disette au milieu de l’abondance des grains. Il fallait à tout prix obtenir de la farine : parmi les moyens qui furent proposés et mis en pratique, le plus simple et le plus rationnel assurément consistait à à remplacer la chute d’eau par l’action des animaux, à l’aide de renvois de mouvement peu coûteux à établir. A une époque même où l’eau et le vent étaient employés depuis longtemps, on se servait encore de chevaux, de bœufs et d’ânes pour faire tourner des meules. Il paraît, au témoignage de Veranzio, que ces derniers animaux étaient les seuls employés en Italie et en Grèce.
Moulins à bras : Des moulins à bras portatifs, perfectionnés dans les détails de leur mécanisme, ont été fabriqués, jusqu’en ces derniers temps, à l’usage des armées, des fermes et des habitations isolées, etc. Mais la force de l’homme est celle dont l’emploi est le plus coûteux, et il n’y a qu’un petit nombre de circonstances où l’usage de ces appareils puisse offrir quelque avantage réel. Du reste, dès la fin du moyen âge on savait aménager et disposer l’intérieur d’un moulin à plusieurs étages, d’une manière vraiment remarquable, et qui peut soutenir, sans trop de désavantage, la comparaison avec certaines constructions modernes consacrées à la même destination.
Moulins en décors
|
| Série précédente : Souvenir(s) de Samivel |
![]()
Dépôt de Copyright contre toute utilisation commerciale
des photographies, textes et/ou reproductions publiées sur ce site
Voir explications sur la page "Accueil"
| Plan de site | Recherches | Qualité | Liens |