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Mini-série photographique

Affiches et manifestes aux multiples messages

 


Affiche expression - © Norbert Pousseur

Dessin, photos, peinture, juste une image, une expression.
Paris - 2009 - Num 21 Mpx - 5d2_1559


Série précédente :
Vitres cassées, brisées
Autres photos ci-dessous
Vers la présentation des photographies hebdomadaires
Autres photos ci-dessous  



 

Affiches et affichettes et autres panneaux et 'réclames' qui nous abreuvent de leurs messages.

En d'autres pages, j'ai déjà publié affiches et affichettes dans la thématique des Graph'murs.,
et aussi en ces mini-séries sous le titre 'Murmures en Graph’mur'

En voici d'autres, en partie plus récentes. Les messages sont souvent plus directs, mais quelquefois aussi plus obscurs.
Ces affiches et 'placards' que je présente ci-dessous, sont assez éloignées des définitions des dictionnaires.
Ce sont devenus bien souvent des manifestes, que ce soit des expressions officielles ou non,
quelquefois sur un mode décalé.

 

In 'Dictionnaire français illustré et Encyclopédie universelle' de Dupiney de Vorepierre, édition de 1867

AFFICHE, substantif féminin. Feuille écrite ou imprimée qu’on fixe dans un lieu apparent, pour avertir le public de quelque chose. || Petites Affiches, Feuille périodique d’annonces.
Synonyme — Placard. — Pour apposer des affiches, il faut remplir les conditions de publicité  imposées par la loi. Le placard est affiché clandestinement, à la faveur des ténèbres. L'affiche est un avis, une annonce, une ordonnance ou une proclamation ; le placard n’est qu’un écrit injurieux, ou séditieux. Pendant les jours de troubles, d’insurrection, l’autorité  pose des affiches, les perturbateurs posent des placards.

Tous les peuples anciens paraissent avoir connu l’usage et l’utilité des Affiches. Les Grecs s’en servaient pour la publication des lois. Leurs affiches étaient des tablettes de bois qui tournaient sur pivot et qu’on exposait sur les places publiques. Chez les Romains, l’affiche, selon l'importance de son objet et la durée qu’elle devait avoir, était primitivement gravée sur le bois, l’ivoire ou le bronze. Par la suite, on se borna simplement à l’écrire sur parchemin. Les citoyens, de même que le gouvernement, avaient le droit d’afficher ; aussi en usaient-ils largement. Comme de nos jours, les libraires tapissaient leurs boutiques avec les titres des ouvrages qu'ils mettaient en vente, et chaque industrie agissait de même. On apposait ordinairement ses affiches à des piliers et à des colonnes destinés à les recevoir. La domination romaine introduisit cette coutume dans les Gaules, et elle s’y perpétua.
Nous la trouvons confirmée au commencement de l’âge moderne pur un édit de François 1er, en 1539. Un siècle après celte époque, pendant les guerres de religion, les partis firent un si dangereux abus des affiches, ou plutôt des placards, que le parlement, par un arrêt du 5 février 1652, fut obligé de sévir contre les auteurs de ce désordre.
Un arrêt du conseil, du 13 septembre 1722, nous offre la première  tentative faite pour réglementer l’affichage et empêcher les abus auxquels cet usage donnait souvent lieu.

Malgré les nombreux moyens de publicité que nous possédons, au premier rang desquels il faut placer les journaux, le système d’annonces au moyen des affiches prend chaque jour plus d’extension. La législation le consacre et le protège en portant des peines contre ceux qui déchirent les affiches apposées par ordre de l'administration, et en ordonnant l’impression et la publication d’affiches dans des lieux nombreux. C'est ainsi qu’on doit afficher les règlements de police, les actes de mariage, les séparations de biens, les actes de société, les listes électorales et du jury, etc.
Quelquefois cette publicité est infligée comme une peine, une flétrissure ; par exemple lorsque les juges ordonnent d’afficher un jugement à un certain nombre d’exemplaires.
Les particuliers ne peuvent afficher qu’avec l’approbation de l’autorité, qui soumet les affiches à une surveillance très sévère. La loi assujettit ces sortes de publications au timbre ; et la police exige qu’elles soient posées pur des afficheurs placés sous son inspection.

AFFICHER, v. a. ( lat. adverbe à ; figere, ficher, attacher). Poser une affiche, un placard en lieu apparent, pour avertir le public de quelque chose, Afficher une vente, une ordonnance de police. — Par exagération, on dit, en parlant d’une chose qu’on voudrait faire savoir à tout le monde : Non-seulement je le dirai, mais je l'afficherai partout.
Au figuré : Afficher une femme, c’est compromettre une femme, la perdre de réputation.
- Faire montre, faire parade de : Afficher sa honte. Afficher l'irréligion. Afficher l'opulence. Afficher le bel esprit. = s’afficher.
- S'afficher,  pour bel esprit, pour savant, etc. || On dit absolument, Cette femme s'affiche, Elle ne fait aucun mystère de ses désordres.

Autres textes et exemple historique ci-dessous

 

Et sur ce site voir aussi la thématique complète
'Les Graph'murs' avec sa partie des affiches et affichettes

 



Mur couvert d'affiches  - © Norbert Pousseur

Panneau de travaux couvert d'affiches qui disparaîtront en même temps que ceux-ci
Marne La Vallée - 2004 - Num 6mpx - 10db_1049



Affiche  homme et enfant - © Norbert Pousseur

Un message sans doute à connotation sociale (ou affiche de film ?).
Image qui s'efface mais qui la rend encore plus forte.

Riga - 2012 - Num 21Mpx - 5d2c_8857



Affiche regard - © Norbert Pousseur

Un regard à travers une faille de mur, ... pour aller voter.
Var - 2014 - Num 21Mpx - 5d2e_4512



Affiche d'élection - © Norbert Pousseur

Un candidat à des élections depuis longtemps passées - ne reste que ce visage
qui surplombe l'affichage d'appel pour accident - prémonitoire ?
Lourdes - 2007 - Num 10Mpx - 400da_1499



Défense d'afficher, pas vraiment - © Norbert Pousseur

Un des célèbres graffeurs parisiens qui se moque de l'interdiction d'afficher,
de par la loi du 29 juillet 1881.
Paris - 2013 - Num 21Mpx - 5d2d2_9955



Affiche politique - © Norbert Pousseur

Afficher est aussi action - action au service d'idées, d'engagement politique.
Bagnolet - 2013 - Num 21Mpx - 5d2d2_9927



Affiche  de bureau - © Norbert Pousseur

Regard indiscret dans un bureau avec son affichette ironique.
Lyon - 2008 - Num 10Mpx - 400da_2608



Affiche  d'attentat plastic - © Norbert Pousseur

Affiche-manifeste : Attentat plastic / le 9éme C. (commandement ?) et :
nous sommes vieux / nous sommes surmédiatisés / nous sommes nobles
nous sommes riches / nous sommes morts ...
Paris - 1996 - Neg 6x6 - n120a96p025v03



Affichage de réclames - © Norbert Pousseur

Ancien affichage des années 1950 :
articles de réclame / Cabinet Perrin / fabrique de chaussures ...
Paris - 1997 - Neg 6x6 - n120a97p017v05



Réclame Pikina de Picon - © Norbert Pousseur

Une réclame murale des années 1970 (?) - pour l'apéritif Pikina de Picon
Sarlat - 2012 - Num 21mpx - canon5d2c_6623



Affichette au personnage solitaire - © Norbert Pousseur

Personnage perdu sur son tuyau de mur.
Paris - 2004 - Num 6mpx - 10db_2571




Panneau Chasse gardée  - © Norbert Pousseur

Ni affiche, ni pub, mais panneau bien connu 'Chasse gardée',
qu'un chêne a depuis longtemps commencé à avaler !
Var - 2016 - Num 21 Mpx - canon5d2f_8436



Panneau de préservation de la Nature - © Norbert Pousseur

Il faut respecter la Nature - bien qu'à la réflexion,
ce panneau n'est pas très esthétique en pleine nature !
Brabant - Belgique - 2007 - Num 10Mpx - 400da_2010



Panneau aux affiches, du carnaval de Bâle - © Norbert Pousseur

Un panneau parodique aux multiples affichettes et messages,
qui participait au défilé du carnaval de Bâle.
Bâle - 2010 - Num 21Mpx - 5d2_7126



Attention école et jeux d'enfants - © Norbert Pousseur

Panneau semi-officiel de municipalité suisse, pour une zone d'école.
Le sérieux du message est accentué par la fantaisie du dessin.
Argovie - 2009 - Num 21Mpx - 5d2_5625



Everibe, publicité avalée - © Norbert Pousseur

Encore un arbre, un platane, qui ose avaler ce panneau d'acier émaillé.
Impossible à présent de savoir à quoi correspond ce terme 'Everibe' !
Sarlat - 2012 - Num 21Mpx - 5d2c_6389



 

UNE AFFICHE DES RECRUTEURS DE L’ANCIEN TEMPS.

En 1766, l’affiche suivante était placardée sur les murs de Noyon.
On en conserve un exemplaire dans les archives de cette ville.
(in 'Le Magasin Pittoresque', année 1862)

 

AVIS A LA BELLE JEUNESSE.

ARTILLERIE DE FRANCE. — CORPS ROYAL.

Régiment de la Fère. — Compagnie de Richoufftz.

De par le roy,

Ceux qui voudront prendre party dans le corps royal de l’artillerie, régiment de la Fére, compagnie de Richoufftz, sont avertiz que ce régiment est celui des Picards. L’on y danse trois foys par semaine ; on y joue aux battoirs deux foys, et le reste du temps est employé aux quilles, aux barres, à faire des armes. Les plaisirs y régnent ; tous les soldats ont la haute-paye ; bien récompensés de places de gardes d’artillerie, d'officiers de fortune à soixante livres d’appointement.

Il faut s’adresser à M. de Richoufftz, en son château de Vauchelles, près Noyon, en Picardie. Il récompensera ceux qui lui amèneront de beaux hommes.

 

 

Affiche satirique des années 1720 © reproduction Norbert Pousseur

Nous reproduisons une image satirique des années 1720, dirigée contre le débordement des affiches.
Tandis que le crieur du bon vieux temps passe les épaules chargées de prospectus de toute nature,
l’afficheur, grimpé sur son échelle, s’apprête à placarder contre un pilier les annonces dont sa poche est garnie.
Au bas de l’image, on lit ces mots qu’une marchande adresse à l’afficheur :
Puisqu’on affiche tout dans le siècle où nous sommes,
Affichez aussi que Colette vend des pommes.

 

LES AFFICHEURS DE L’ANCIEN RÉGIME.
C’est seulement au siècle dernier que l’affichage a pris de l’extension dans nos villes. Jusque là ce moyen de publicité n’avait guère été appliqué qu’à la promulgation des ordonnances royales et des arrêts de justice, ainsi qu’aux annonces de spectacle. La manie des spéculations, importée en France par le financier Law, fit recourir aux affiches pour instruire le public du mouvement des affaires. Ce fut là comme une révélation pour le commerce qui en était encore réduit à se faire annoncer par la voix des crieurs. Du petit au grand, chacun se mit à afficher sa marchandise.

Au moment où les affiches d’utilité publique et privée se multipliaient de la sorte, la discorde régnait dans le clergé à cause de la bulle Unigenitus. Les adversaires de la bulle, réduits au silence par la police, ne laissaient pas que d’imprimer clandestinement des milliers de pamphlets : l’émission ne pouvant s’en faire que par des voies détournées, on imagina d’y employer l’industrie des afficheurs. Ce corps de métier, improvisé en quelque sorte par la nécessité du moment, ne renfermait pas dans son sein toutes personnes choisies. Bien des vauriens sans feu ni lieu, bien des batteurs de pavé qui ne savaient pas seulement leurs lettres, avaient pris la jatte à colle et la brosse. Pour un peu d’argent, les uns, dans leur audace, les autres dans leur ignorance, consentaient facilement à se charger de placards diffamatoires dont ils couvraient les murs pendant la nuit.
De ces abus, naquit le législation sur les afficheurs, dont le plus ancien titre est un arrêté du grand conseil rendu le 20 octobre 1721. On y limite à quarante le nombre des personnes pouvant exercer le métier à Paris. Les quarante afficheurs devaient être porteurs d’une plaque et d’une commission. La plaque était fixée sur le devant de leur habit, la commission était dans leur poche, prête à être exhibée à la première réquisition. Défense leur était faite de travailler avant sept heures du matin, ni passé six heures du soir. Toute contravention à ce règlement était punie de 200 livres d’amende ; la récidive entraînait l’interdiction du métier.

Par surcroît de précaution, l’année suivante, 1722, on exigea des afficheurs qu’ils sussent lire et écrire ; qu’ils ne posassent d’affiches que celles qui seraient revêtues du privilège ; qu’ils opérassent deux fois par semaine, le dépôt à la chambre des libraires d’un exemplaire des pièces qui leur auraient été confiées ; enfin que leurs nom et fonction fussent placardés à la porte de leur domicile.

Le gouvernement de Louis XV eut besoin de renouveler plusieurs fois ces prescriptions. Nous en avons gardé dans notre législation l’article 283 du Code pénal, qui punit de six jours à six mois d’emprisonnement toute personne posant des affiches sans nom d’auteur ni d’imprimeur.

 

Affiche ci-dessus et texte in 'Le Magasin Pittoresque', année 1845

 

 

 

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